17 mars 2009

Article SudOuest du 17.03.09 - Blocage à Jean Rostand

UNE HEURE AVEC... Les parents d'élèves de l'école Jean-Rostand en étaient hier à leur troisième action

« C'est incohérent »

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« C'est pour son avenir », dit la maman manifestante de Luther. (PHOTO D. A.)

Les gilets jaunes ont encore frappé. Ce pourrait être le titre d'une série que des parents d'élèves lormontais ont commencé à interpréter en novembre dernier. Ils avaient trouvé leur inspiration dans les propos tenus par Xavier Darcos, le ministre de l'Éducation nationale, reçus à l'époque comme « des menaces sur la qualité du service public de l'enseignement ». Les parents lormontais réagissaient sans plus attendre en s'engageant dans une ronde de manifestation, partie de l'école Paul-Fort. Avec ce gilet de sécurité comme signe distinctif.

Hier, le jour était à peine levé que les premières chasubles aux bandes fluorescentes se massaient à l'entrée de l'école élémentaire Jean-Rostand. « On se battra jusqu'au bout pour préserver ce poste que l'Académie veut nous enlever », expliquait une maman annonçant « l'occupation de l'établissement pendant toute la journée ».

Du barouf dans les couloirs

Les manifestants se justifient. « Actuellement, il y a neuf classes pour 180 élèves, soit un pour 20. Si l'administration supprime un poste ce sera une classe pour 22,5 élèves, peut-être 24, en tout cas moins que le seuil maximal des 25 ». Plus les minutes passent et plus le cordon jaune, mêlé d'orange, s'épaissit à l'entrée de l'école. L'heure de la rentrée étant passé, le mouvement d'occupation est décrété.

Il exprime une hostilité « aux logiques comptables de l'administrations ». « On dirait qu'il n'y a plus que ça qui compte », s'insurge Jocelyne. Elle poursuit : « La suppression d'un poste revient à casser tout le travail qui est fait. Ici, les enfants ont plus besoin que d'autres d'être encadrés du fait des difficultés sociales et économiques des familles, il y a aussi des familles d'origine étrangère avec des problèmes de langue ». « Si l'école a le label "Ambition réussite" c'est pas pour faire joli », abonde une des manifestantes.

Les explications cessent subitement, le mot d'ordre étant lancé : « Allez, on y va, prenez quelque chose pour faire du bruit et on passe dans les couloirs ». Le commando n'a rien de terrifiant, avec ces instruments de musique que les mamans ont peut-être pioché parmi les jouets de leurs enfants.

Ségolène du Rased

Alors que les enseignants et les élèves sont restés sagement dans les classes, l'heure est au repli à l'extérieur de l'établissement. « C'est son avenir qui se joue en ce moment », insitela maman de Luther, 18 mois, un petit garçon dont le frère, Altaaf, 4 ans, et la soeur, Clothylde, sont scolarisés à l'école Condorcet. À Lormont, la ville d'où est parti le mouvement de contestation, les parents se sont constitués en collectif. Qu'ils soient directement concernés par des mesures ou pas, cela permet de mobiliser pour des actions comme celle d'hier, voire celle du 19 janvier au cours de laquelle ils avaient « bloqué l'inspecteur », le jour des évaluations des CM2. « Le problème, c'est que l'on ne peut pas parler avec les responsables », s'agace une jeune maman. Le dialogue n'est pas rompu puisqu'il n'y en a jamais eu. »

Entre deux offensives, ces mères évoquent, à travers des situations personnelles, tout le bien qu'elles pensent des dispositifs actuels, à préserver. Le prénom de « Ségolène » revient souvent pour vanter le travail de cette enseignante du Réseau d'aides spécialisées aux enfants en difficulté (Rased). Evelyne, qui est venue avec sa petite dernière, Andréa, 8 mois, raconte : « Ma fille avait des difficultés pour lire quand elle est passée cette année en CE1 et je vois déjà l'évolution. Le Rased fait un suivi personnel, quelque chose que la maîtresse n'a pas le temps de faire. »

« Oui, mais le rôle de l'instituteur est fondamental, rebondit Séverine. Il s'occupera forcément moins bien de 24 élèves que de 20, surtout s'il y a des écarts de niveau ». Cette maman sait de quoi elle parle : « La maîtresse de CM1 a découvert l'an passé que ma fille faisait de la dysorthographie, des difficultés à écrire alors qu'elle était parfaite à l'orale. Son orthophoniste m'a dit qu'elle avait beaucoup d'enfants chez qui on découvrait ce genre de problème seulement à l'entrée en 6e. »

La journée continuera de se dérouler selon un scénario bien réglé. La relève est assurée parmi les manifestants, les occupants qui ont en tête leur prochain rendez-vous. Il s'agit de la Nuit des écoles qui verra les parents d'élèves de Lormont, de la rive droite et de la Gironde, en général, converger vers Bordeaux pour une manifestation aux flambeaux.

Auteur : Dominique andrieux

Posté par collectiflormont à 16:18 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Article SudOuest du 17.03.09 - Blocage à Jean Rostand

    MERCI A TOUTE LES FOURMIS

    GRACE A NOTRE SOLIDARITE LES FILLES.TOUT SE PASSE TRES BIEN CET JOURNEE AVEC VOUS A ETE TRES COOL. LE PREUVE. NOTRE BLOCAGE S EST TRES BIEN PASSER. NOUS CONTINURONS TOUTES ENSEMBLES A LUTTER POUR NOS ECOLES ET SURTOUT NOS ENFANTS ET PROFS.

    LES PETITES FOURMIS

    Posté par ANA, 18 mars 2009 à 22:43 | | Répondre
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